Mots de la Présidente

Mme Edith SAWADOGO, Présidente du Conseil d’Administration

De ma position de Présidente du Conseil d’Administration de l’Association D’appui et d’Éveil Pugsada, je lance aujourd’hui un cri du cœur parce que  je suis un témoin privilégié des fléaux qui affligent les filles et qui les marquent plus durement aujourd’hui ; dans une société cosmopolite, culturellement hybride et monétariste.

Face aux multiples maux sociaux qui assaillent la vie des femmes et des filles burkinabées, notamment les mutilations génitales féminines, les mariages d’enfants et forcés, l’exclusion sociale, l’exploitation sexuelle, économique et politique auxquelles  les partenaires au développement, les organisations de la Société Civile et les organismes internationaux de coopération aux côtés de l’Etat font front: l’Association D’appui et d’Eveil Pugsada a la tête du peloton de ce qui concerne les conditions de vie des filles.

L’Etat burkinabé, dans ses efforts pour adopter les politiques, les lois et les stratégies en faveur des femmes et des filles, fait un travail appréciable. De toute évidence, le combat pour les droits des femmes et des filles demande beaucoup plus de regard, d’ingéniosité, d’actions concrètes et courageuses comme de ressources. C’est en cela que le rôle de l’Etat est primordial. C’est pourquoi je saisis cette tribune pour vous interpeller et demander votre appui. J’appel aussi l’Etat et les organismes internationaux de coopération, pour qu’ils appuient beaucoup plus efficacement avec des ressources conséquentes, les organisations de la Société Civile comme la nôtre qui abattent un travail formidable mais sont frustrées par l’insuffisance de moyens. En effet, tant que la question du statut de la fille, ne sera pas réglée au sein de la société burkinabé, leurs épreuves ne feront que s’empirer.

La situation des femmes

Si aujourd’hui encore au Burkina Faso, la participation de la femme et de la fille dans le monde de l’emploi rémunéré ne dépasse guère le tiers des effectifs, avec le plus grand nombre au bas de l’échelle en termes de revenus, on peut s’imaginer les péripéties que cette catégorie de privilégiées, que dis-je, de rescapées plutôt, doivent traverser pour y arriver et les affres que subissent celles qui se retrouvent exclues de ce cercle, aux prises avec la pauvreté extrême et exposées à l’exploitation de toutes sortes.

Ce triste tableau de la situation des femmes du Burkina Faso est le parfait reflet des exclusions et des violences dont les filles sont l’objet. C’est une réalité que nous vivons quotidiennement avec elles à l’Association Pugsada. Pourtant, quelque part, des statistiques flatteuses nous narguent. Les filles avoisinent actuellement la parité à l’école primaire ; mais dès lors que l’on avance dans les ordres d’enseignement, leur absence criarde vient rappeler les drames qu’elles commencent à vivre dès leur puberté, je veux parler des grossesses non désirées et des mariages d’enfants.

Au vu de cette réalité poignante, nous sommes plus que jamais déterminée et convaincue que notre vision d’un Burkina Faso où les filles jouissent pleinement de leurs droits en toute sécurité et réalisent leur potentiel, est porteuse d’espoir. C’est pourquoi nous déployons  sans relâche, une batterie d’actions à travers neuf régions du pays, pour améliorer la situation de milliers de filles.

Au nom des membres de l’Association D’appui et d’Éveil Pugsada, je vous invite à vous engager afin qu’ensemble nous renforcions notre synergie d’actions, nos stratégies et nos approches pour atteindre des résultats plus significatifs au bonheur des filles et des femmes.

 

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